N’oublions pas qu’avant Thomas d’Aquin, quand on
étudiait le texte d’un auteur ancien, le commentateur ou le copiste, devant
quelque chose qui ne concordait pas avec la religion révélée, soit effaçait les
phrases « erronées », soit les accompagnait d’un signe dubitatif pour
mettre en garde le lecteur, soit les déplaçait dans la marge. Au contraire, que
fait Thomas ? Il aligne les opinions divergentes, éclaircit le sens de
chacune, met tout en question, même la donnée de la révélation, énumère les
objections possibles, tente la médiation finale. Tout doit être fait en public,
comme publique était la disputatio à son époque : entre alors le
tribunal de la raison.
Umberto Eco : La Guerre du faux

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