Sceaux

 

Ill. : Apocalypse de Bamberg. Texte : Aujourd’hui l’Apocalypse, traduction nouvelle, lecture à plusieurs voix par André Paul, éditions du Cerf.

Dans l’Apocalypse, l’usage du nombre sept n’est pas un effet du hasard. D’abord doté d’une signification cosmique, il est celui des réalités célestes, les astres ou les planètes en premier lieu. L’empereur romain Hadrien (117-138) et tel autre après lui, figureront sur les monnaies entourés de sept étoiles ; ce qui signifie leur pouvoir universel. Dans certaines apocalypses contemporaines, redisons-le sept cieux sont successivement visités par le héros visionnaire transformé en voyageur cosmique.

Le fait que les Églises soient sept exprime dont leur représentabilité illimitée tant dans l’espace que dans l’histoire. Une perspective horizontale ou terrestre. Or, deux autres occurrences du chiffre dans le livre désignent une dimension complémentaire, verticale ou céleste celle-ci. Tout au centre de la première vision de Jean, au milieu de sept chandeliers, intervient « l’être semblable à un fils d’homme », avec sept étoiles dans sa main. Suit cette précision d’importance : les sept étoiles sont les anges des sept Églises et les sept chandeliers les sept Églises elles-mêmes.

Astrale de soi, l’imagerie des sept étoiles est ici, de plus, impériale ou royale. Mais son allégorie ou « transposition » angélique projette directement dans l’univers céleste le pouvoir politique que ce symbole exprime ; elle en fait une protection, chaque Église bénéficiant du patronage d’un ange dans les cieux tout comme chaque nation a le sien sur la terre. L’ange est dès lors un tuteur et un répondant célestes. 

En revanche, nulle part dans les documents connus ne se rencontre l’image des sept chandeliers. Un chandelier unique à sept lampes, dont le modèle matériel se trouvait dans le Temple, figure certes dans une vision du livre biblique de Zacharie, et l’ange qualifié déclare au prophète : « Ces sept-là sont les yeux de Yahvé, ils vont par toute la terre. » Nul doute que, par un biais ou par un autre, l’auteur de l’Apocalypse ait hérité de cette tradition ; mais, s’il l’a retenue, c’est pour refondre dans le contexte familier de la manifestation céleste d’une scène royale.

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