« Regardez-moi bien ! Je suis idiot, je suis un farceur, je suis un fumiste ! »

 

Leo Strauss n’hésitera pas à mettre en place un guet pour empêcher Taubes de prendre pied dans aucune université américaine. Il fonde sa condamnation sur les rumeurs suivante ; c’est presque toute la lettre de Strauss qu’il faudrait citer : « Je ne vous aurais pas écrit aujourd’hui si je n’avais pas reçu la communication suivante d’une source fiable au sujet de Taubes. À Harvard, où il s’est fait passer officiellement pour un professeur invité de la faculté de l’Université Hébraïque, ce fut un scandale. Le cours annoncé dans le document ci-joint s’est révélé une longue diatribe contre le dieu juif autoritaire qu’un X fut invité à défendre, contre le dieu gnostique de la liberté, en partie chrétien, en partie païen. Lors de deux conférences, à la fin du cours, X. ne put s’empêcher de souligner aux étudiants que Taubes s’était engagé dans un travail d’antisémitisme philosophique et que « hérésie » était devenu pour lui une marque très pratique d’approbation, qu’il utilisait pour son profit. Ses autres cours de philosophie furent, m’ont dit des membres du département, une farce. Bref, Harvard fut heureux de s’en débarrasser. »

Raphaël Lellouche : La Guérilla herméneutique de Jacob Taubes

Commentaires