Jacob le Juste est soupçonné par l’aristocratie
sacerdotale du Temple de faire le jeu de l’apocalyptique insurrectionnelle des
zélotes. Profitant d’une vacance entre deux procurateurs, le grand prêtre,
voulant sans doute, comme ce fut le cas pour Jésus, se dédouaner aux yeux des
Romains, le convoque et essaie d’obtenir de lui un reniement public de la
messianité de Jésus.
Le martyr de Jacob le Juste par Hégésippe de Jérusalem,
auteur judéo-chrétien du IIe siècle, présente, certes, une version théâtralisée
de celui-ci, Jacob le Juste y est décrit confessant Jésus comme Messie du haut
du pinacle du Temple, avant d’être précipité en bas, puis d’être achevé à coups
de bâton. Il est significatif que, dès son arrivée à Césarée, le nouveau
gouverneur romain ait aussitôt déposé le grand prêtre, issu pourtant de
l’importante famille sacerdotale des grands prêtres, Anne et Caïphe.
Cela manifeste à quel point Jacob le Juste était un
personnage considérable et combien sa communauté était déjà influente en
Israël. Il se pourrait même que ce soit lui que le Talmud appelle Jacob le Min,
un sage religieusement déviant, célèbre néanmoins comme faiseur de guérisons et
de miracles.
Jean-Miguel Garrigues : L’impossible substitution, Juifs et Chrétiens, Ier et IIIe siècles

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