Hantement : la relation tour à tour silencieuse et
stridente, jamais communicationnelle d’emblée, qu’on entretient avec des morts
qui ne sont pas encore, et ne deviendront peut-être jamais, car ils passent à
côté des institutions qui auraient permis de les instaurer comme tels, des
fantômes. La présence de choses, puisque leur existence en tant qu’êtres n’est
même pas établie, dont la morbidité n’a pas de nom. Hantement : j’emprunte
ce terme à Gil Bartholeyens qui l’emploie dans un sens différent. Le
« hantement du monde » décrit selon lui la présence spectrale des
êtres souffrants et pathogènes que notre mode de vie produit dans l’anthropocène
et qu’il propose de renommer « pathocène » Alors que le terme est
pour lui équivalent à « hantise » (le hantement, c’est la hantise, la
peur, d’être frappé jusque chez soi), je voudrais établir une distinction entre
les deux. Alors que la hantise est ce que produisent les fantômes
culturellement reconnus comme tels, en vertu d’une certaine ontologie qui admet
leur existence, le hantement désignerait la présence et l’action de morts pour
qui aucune place n’a été ménagée.

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