Est-il régulier de voir l’auteur rester sans défense
face à son critique ? Et pourquoi devrais-je tolérer sans même l’ombre
d’une protestation d’être jugé en public par X… qui en sait peut-être moins
long sur la vie que moi-même et qui en sait certainement beaucoup moins que moi
sur des problèmes qui ne sont pas les siens, mais les miens ? Dites-moi
pourquoi l’avis de X… qui n’est finalement qu’un avis privé, et un de plus, devrait
revêtir valeur de verdict, du seul fait qu’il est écrit dans un journal ?
Si je consentais ainsi de dépendre du jugement des gens, ne serais-je pas en
contradiction avec la tendance fondamentale de mon œuvre qui, elle, devait
précisément m’apporter une liberté souveraine et ajouter encore à mon
« assurance » ?
Witold Gombrowicz : Journal I

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