Un plantigrade, doué de raison et
contradictoirement privé d’espérance religieuse, est dans l’impossibilité la
plus étroite d’accepter cette geôle d’immondices et de consentir qu’on le
traite plus durement qu’un parricide pour avoir perdu sa fortune ou pour être
né sans argent. S’il se résigne sans décalogue et sans eucharistie, on ne peut
plus rien faire pur lui, sinon qu’il est un lâche ou un imbécile. À ce point de
vue, les nihilistes ont cent fois raison. Que tout tombe, que tout périsse, que
tout s’en aille au tonnerre de Dieu, s’il faut endurer indéfiniment cette
abominable farce de souffrir pour rien.
Léon Bloy : Le Désespéré

Commentaires
Enregistrer un commentaire