Jean 21.25

 

Source : Aujourd’hui l’Apocalypse, traduction nouvelle, lecture à plusieurs voix par André Paul, éditions du Cerf

Avant la réception du dernier livre de la Bible, nulle part dans la société contemporaine, il n’est question « d’apocalypse » dans le sens littéraire que l’on donnera à ce terme. Ce sens, avec l’usage qu’il implique ou requiert, l’œuvre elle-même semble déjà le suggérer, et même le solliciter. Dès les premières phrases, en effet, la « révélation qui vient de Jésus-Christ » est annoncée comme un livre, biblion en grec ; « livre de Prophétie » précise-t-on que Jean a pour mission d’envoyer aux Églises après y avoir noté tout ce qu’on lui aura « révélé. »

À la dernière page, comme en écho à la première, on proclame « heureux » quiconque « garde les paroles prophétiques », autrement dit de l’Apocalypse. Et l’on précise qu’on ne saurait ni ajouter ni retrancher quoi que ce soit à son texte. Ce qui signifie que la « révélation vient de Jésus-Christ », l’ultime dernière, est à recevoir comme à la fois complète et parfaite. Le « livre » ici désigné est censé contenir l’Évangile de Jésus-Christ dans sa substantielle intégralité, à promouvoir comme tel dans l’immédiat et à transmettre à toutes les générations à venir. Ce qui n’est pas contradictoire avec l’évocation de l’ampleur quantitative apparemment sans limites des faits et gestes de Jésus par l’Évangile de Jean (21.25)

Désormais, ledit livre ayant servi de modèle, le vocable apokalypsis désignera seulement une œuvre écrite, de forme et de teneur spécifiques. Or, ici, ce mot signifie bien la chose « révélée », non pas l’acte qui « révèle. » Et la formule initiale Apokalupsis Ièsou Kristou d’appeler cette traduction : « Révélation qui vient de Jésus-Christ. » Ce qui exclut le choix de certaines versions modernes ou récentes : « Dévoilement de Jésus-Christ » ; dans ce cas, Jésus-Christ serait la figure révélée et non l’agent qui révèle.

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