J’imagine que dans les enfers la bande d’Eschyle, une
dizaine d’ombres aux faces de bois terribles et diverses, rencontre une poignée
de fantômes de mon temps, dont les visages sont couverts de masques, absolument
identiques et dépourvus de tout caractère humain : « Quelles sont
donc ces têtes de cochons tous pareils ? » demande Eschyle. Ce ne
sont pas des groins, cher père de la tragédie, ce sont des masques à gaz, nos
seuls masques, ceux de nos grandes tueries contemporaines.
Georges Didi-Huberman : La ressemblance informe

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