L’humour qui ne coûte rien ne vaut
rien non plus. Les humoristes qui vont dans le sens du poil, les humoristes sur
commande, ne méritent même pas ce nom. Il n’y a derrière leur humour ni
l’effort de la pensée ni la révolte du sentiment, ni amertume ni tristesse, ni
risque ni défi. Mais à quoi bon énumérer ? Il n’y a tout simplement rien.
Ou encore, il y a quelque part dans les tréfonds de leur être, un écheveau
inextricable d’envie, de calcul, de sadisme. Ils ont, en fait, deux sortes
d’humour. La première est publique et sonore, c’est-à-dire publiée, la seconde
est secrète et se transmet en catimini. La première vise ceux dont ils n’ont
rien à craindre, dont on sait qu’ils ne chercheront pas à se défendre. La
seconde est tout entière sur le compte de ceux dont le compte est payé par les
premiers. Et dans tout cela, les humoristes trouvent leur compte.
Ivo Andritch : Signes au bord du chemin

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