Source : Molinier, une vie d’enfer, par Pierre Petit, éditions Mollat / L’Arbre vengeur, un livre très spicy
C’est au retour du service militaire, vraisemblablement
en 1922 qu’il entre dans le Compagnonnage : il aimait entretenir une
atmosphère de mystère sur cette expérience. Molinier me disait :
« Là, je ne vous donnerai pas de renseignements, parce que c’est tout ce
qu’il y a de plus secret. Mais ce que je peux vous dire : c’est un genre
de compagnonnage qui sait faire n’importe quoi. Ce compagnonnage remonte à
l’origine des Croisades. Il y avait des Compagnons qui suivaient les Croisés.
Ils faisaient un peu de tout. Des armes, des armures, de l’architecture, des
châteaux. Et ils m’ont donné certains secrets de métier, si l’on peut
dire. »
Pourtant, en le poussant un peu sur le sujet, j’ai pu
me faire une idée plus précise du type de compagnonnage auquel il avait
appartenu : non pas les Compagnons catholiques et protestants, mais
« les libres penseurs qui ne croient en rien et qui n’admettent ni dieu ni
diable. « Au cours d’une visite que je lui ai faite le 22 juin 1972, il
m’avait précisé que sa confrérie se rattachait à la tradition des Templiers non
croyants à qui on demandait pour parvenir à son titre de Maître Compagnon de
marcher sur la Croix.
Son papier à lettres portait l’emblème de cette confrérie, de même que les tableaux de sa période érotique, qu’il ne signait plus de son nom. Dans cet ensemble symbolique, on distingue une règle, un compas ouvert, un niveau ancien tourné à l’envers, une équerre, et, traversant l e tout verticalement, une épée flamboyante et torse. Un ensemble de lettres entoure ces instruments : en haut un C pour Compagnon ; et, de gauche à droite, les inscriptions MDV ET DS.
En juin 1972, il m’avait donné une première indication sur la signification de ces lettres. Compagnon du Savoir. Plusieurs documents manuscrits portent ces sigles. Sur l’un d’entre eux, notamment, on lit : « Nous, Compagnons du Savoir et MDV ayant nom SATNICUS II dans la lignée et pour le commun Pierre MOLINIER. » Un autre nous donne l’explication du groupe des trois majuscules : « C du S et M de V. Être maître de la vérité doit être pris dans le sens de « si la vérité qui peut être ou que l’on se fait donne ces droits, en rester maître signifie ne pas en abuser. »

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