Horreur baroque

 

Il existe une tension permanente entre deux mouvements contradictoires : l’un qui vise à progresser de façon linéaire dans le respect d’une narration classique (le Giallo : accumuler des indices jusqu’au dénouement) et l’autre, bourgeonnante, qui, à partir d’un pli déterminé (une anfractuosité, un courant d’air, une voix, une couleur) épouse des inflexions insolites, emprunte des chemins de traverse, des lacets, au risque parfois de s’y perdre. Le développement de la ligne narrative est la conséquence d’un développement formel, et non l’inverse, ce qui signifie que le film ne reprendra le cours de son récit qu’après avoir, au préalable, exploité jusqu’au bout les ressources de chacune de ses configurations. Mais comment venir à bout d’une configuration ? Existe-t-il des signes de son épuisement ?

Jean-Baptiste Thoret : Dario Argento, magicien de la peur

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