Quand on travaille, on est forcément dans une solitude
absolue. On ne peut pas faire école, ni
faire partie d’une école. Il n’y a de travail que noir, et clandestin.
Seulement, c’est une solitude extrêmement peuplée. Non pas peuplée de rêves, de
fantasmes, ni de projets, mais de rencontres. Une rencontre c’est peut-être la
même chose qu’un devenir ou des noces. C’est du fond de cette solitude qu’on
peut faire n’importe quelle rencontre. On rencontre des gens, et parfois sans
les connaître, ni les avoir jamais vus, mais aussi bien des mouvements, des
idées, des événements, des entités.
Gilles Deleuze : Dialogues

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