Do not disturb

 

Source : Molinier, une vie d’enfer, par Pierre Petit, éditions Mollat / L’Arbre vengeur, un livre très spicy

Nous savons fort peu sur l’adolescence de Pierre Molinier, sinon qu’il devait déjà se travestir et qu’il faisait la tournée des bals de la région, avec ses amis, déguisé en femme. Un double portrait photographique de très petites dimensions (2.5 cm X 2 cm), daté de 1918, nous le montre d’abord en costume masculin, puis, inversé, en jeune femme vêtue d’une robe et maquillée. L’original, qui n’est pas une photo d’identité, contrairement à ce qui a été prétendu, provient d’un cliché où il est assis devant un massif de fleurs qui sera ensuite inversé et fortement retouché à l’encre et au crayon pour obtenir la version féminisée.

Sa passion pour sa sœur ne se dément pas ; lorsqu’elle le surprend au lit en train d’admirer ses propres jambes, il lui avoue : « Oui, il me semble que je vois les tiennes. » Plus tard, il écrira : « Nous avons aimé chez la sœur ce que nous aurions voulu être. Inceste narcissique. »

Mais il n’aura pas l’occasion de satisfaire longtemps ce goût pour l’inceste : Julienne, de même  que leur frère aîné Gilbert, meurt prématurément de la grippe espagnole dont l’épidémie sévit en France au cours de l’hiver 1918. L’adieu de Pierre Molinier à sa sœur est pour le moins original :

« Je l’avais photographiée. J’avais dit à mes parents. Surtout ne nous dérangez pas. Alors, j’avais fermé la porte à clef. On l’avait habillée en communiante et elle avait des bas noirs. Je lui avais caressé les jambes, un peu. Cela me faisait un effet ! Alors, je m’étais mis sur elle et j’ai joui sur son ventre, morte. Elle était jolie quand même. Elle était très jolie même morte. Et alors, comme ça, le meilleur de moi est parti avec elle (rires) Eh oui ! Elle était très bien, ma sœur. Elle avait des jambes sensationnelles… »

Qu’il ait pu à 18 ans, dans une famille plutôt stricte, s’isoler dans la chambre de la morte en vue de la photographier demeure assez difficile à concevoir.

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