Chez nous

 

C’est en vain que je cherche à me souvenir depuis quand je descends ce chemin qui mène toujours plus loin et plus bas et qui ne permet pas de retour vers le haut. Tout ce que je peux faire, c’est m’arrêter de temps à autre, juste un instant, le temps de me dire, et de vous dire quelque chose sur cette descente. Et ce n’est pas grand-chose. En effet, tout ce que je sais positivement c’est que l’une de ces marches débouche sur l’abîme et qu’elle est donc la dernière. Et en dépit de cela, je marche, j’avance calmement, sans me presser, mais sans hésiter longtemps non plus. Je ne sais pourquoi, mais j’aimerais que l’on sache de cette façon-là que je dévalais ces escaliers et je considère que c’est ainsi que l’homme doit faire son chemin, de façon calme, décidée, sans hésitation, et sans tergiversation. Cela seul dépend de moi, et nous devons tous faire ainsi.

Ivo Andritch : Signes au bord du chemin

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