Selon Jacques Monod, le hasard qui favorise l’émergence
de la vie comme sa dégénérescence vers la mort a deux dimensions. Il y a tout d’abord,
le hasard opérationnel, qu’il compare à celui qui s’opère lorsqu’on lance les
dés. Il s’agit d’un hasard mécanique endogène au système qui dépend de
plusieurs facteurs physiques « contrôlables. » Quant à la deuxième
forme, le hasard essentiel, il relève du hasard absolu, c’est-à-dire de la
rencontre endogène de deux chaînes causales indépendantes : la rencontre
de la brique qui tombe d’un toit et de la tête du passant. C’est la rencontre
de gènes et de l’environnement qui, par l’alimentation, le mode de vie, la
rencontre entre les individus, changent les modalités de la traduction
moléculaire et engendrent parfois des erreurs, de l’entropie, voire la mort de
l’organisme.

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