Chez lui, rien ne fait sens : il
veut être historien d’une contrée qu’il connaît à peine ; il siège à un
parlement dont il ne parle pas la langue ; il ne peut se résoudre à
quitter un pays dont il a horreur ; ses beaux-parents sont richissimes et
lui, « a de la peine à joindre les deux bouts de l’année » ; il
écrit un roman d’une puissante originalité, résonnant d’échos multiples, et
infinis, et puis, une fin terrible. Naturellement, des esprits éclairés
décèleront tel mot, tel geste qui révélait la faille, mais toutes les causes du
monde n’expliqueront jamais un suicide. La vie de Potocki fut sans doute
meilleure que celle de beaucoup de ses contemporains, pourtant, il se mit à
limer sa boule de plomb.
François Rosset / Dominique Triaire : Jean Potocki

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