Agathodaimon

 

Source : La Vierge noire et le mystère marial par Jean Hani, éditions Dervy

Depuis le IIIe siècle avant J.-C. et de plus en plus pendant les premiers siècles de notre ère, le culte d’Isis se répandit dans tout le monde occidental comme dans le monde oriental et y connut un succès extraordinaire. La déesse égyptienne était devenue alors, comme Cybèle et Artémis, une hypostase de la Magna Mater. Par ailleurs, il est sûr que, dès l’époque pharaonique, Isis fut tenue, au moins en certaines circonstances et sous certains rapports, pour une déesse noire.

Un texte du Moyen-Empire (troisième millénaire avant J.-C) cité par F. Daumas dans son livre sur Les Mammisis des temples égyptiens, dit textuellement qu’Isis est née sous la forme d’une « femme noire et rouge. » Rappelons que, lorsqu’elle apparaît à Lucius dans le roman d’Apulée, Les Métamorphoses ou l’âne d’or, elle porte un manteau noir sur une tunique à dominante rouge ; après cela, il est d’autant plus remarquable que, sur l’icône de Cambrai, qui est comptée parmi les Vierges noires, Marie est vêtue exactement de la même façon, manteau noir au-dessus d’une tunique rouge.

L’attribution de la couleur noire à Isis est confirmée, à l’époque gréco-romaine par un passage des Écrits Hermétiques, le traité XII, intitulé La Coré cosmou, où Isis elle-même nous dit que « son aïeul Kaméphis l’honora du noir parfait… » lorsqu’il lui transmit la « doctrine secrète » et par les papyrus magiques où nous lisons par exemple cette invocation du magicien : « Je t’invoque, dame Isis, toi à qui l’Agathodaimon a accordé de régner sur le noir parfait » (section VII de la collection des Papyri graecae magicae)

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