Source : Les Robots humains dans le mythe et dans la science par John Cohen, Librairie Philosophique Vrin, collection études de Psychologie et de Philosophie, 19.
Dans un vieux commentaire de la Bible,
le Midrash Tanhuma sur l’Exode, R. Jonathan demande ce que Job voulait dire par
ces paroles : » Qu’est-ce qui réalise de grandes choses au-delà de ce
qu’il peut imaginer, en vérité des merveilles sans nombre ? » Et il
répond : « Sache que toutes les âmes qui ont existé depuis Adam et
qui existeront avant la fin du monde ont toutes été créées dans les six
premiers jours de la Création. »
« Des merveilles sans
nombre » ajoute-t-il, cela se rapporte à la formation de l’embryon. Quand
un homme cohabite avec sa femme, Dieu envoie l’ange, du nom de Layelah, qui
veille sur la gestation et i lui dit : « Sache que cette nuit un enfant
sera conçu de la semence de Untel. Donne-lui ses 365 organes. » Là-dessus,
Dieu décide si l’enfant sera masculin ou féminin, faible ou fort, pauvre ou
riche, petit ou grand, laid ou beau, gros ou maigre, timide ou hardi, mais non
s’il sera juste ou méchant : ce choix appartient à l’individu lui-même.
Puis, il appelle l’ange chargé de veiller sur les âmes et lui ordonne
d’apporter au Paradis l’âme qui appartient à cet enfant, puisque toutes les
âmes à naître ont été créées le jour où le monde lui-même fut créé.
L’ange apporte l’âme : elle se
prosterne devant Dieu qui lui prescrit d’entrer dans la semence. L’âme
proteste : « Seigneur de l’Univers, le monde où j’ai vécu depuis que
vous m’avez créé me suffit. » À quoi Dieu répond : « Le monde où
je t’introduis est plus beau que celui où tu as vécu ; et quand je t’ai
formée, c’était pour t’introduire dans cette semence. »
Contre sa volonté, l’âme est placée dans la semence que l’ange introduit dans le ventre maternel avec l’aide de deux anges gardiens qui veillent à ce qu’elle ne sauve ni ne tombe, et une lampe allumée est placée sur sa tête. » Quand le moment de la naissance approche, l’ange de la gestation revient et annonce à l’embryon que c’est le moment de venir au monde. » Pourquoi veux-tu me faire sortir ? » demande celui-ci. « Mon fils, sache que tu as été formé contre ta volonté, que maintenant contre ta volonté tu vas naître et que contre ta volonté, tu mourras. » L’enfant refuse de quitter le sein maternel jusqu’à ce que l’ange le frappe, éteigne la lampe à son front et le traîne dehors. À peine sorti, le nouveau-né oublie tout ce qu’il sait, tout ce qu’il a vu. Et pourquoi pleure-t-il ? Parce qu’il a perdu un lieu de paix et de calme ; il a dû abandonner ce monde, il en a été expulsé. »

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