Lorsque après avoir erré sous terre et
au-dessus de la terre, Nietzsche nous apporta son Par-delà bien et mal,
tous furent bouleversés, comme si le monde n’avait jamais rien entendu de
semblable. Et cependant, il n’avait fait que reprendre l’antique légende des
arbres du Paradis. Comme l’avaient fait, longtemps avant lui, avec une telle
passion, d’un ton si inspiré, Isaïe et saint Paul, qui s’appuyait sur Isaïe, et
Luther dont la voix avait ébranlé toute l’Europe. Car la doctrine de Luther se
ramène à ceci : l’homme n’est pas sauvé par les œuvres mais uniquement par
la foi : sola fide ; ceux qui se confient à leurs bonnes œuvres sont
condamnés à la mort éternelle.
Léon Chestov : Sur la balance de Job

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