Frapper n’est pas facile, ce n’est pas
facile du tout. Nous ne frappons que dans des cas extrêmement rares, peut-être
est-ce pour cela qu’on ne nous ouvre pas. Même les « bienheureux
sages » qui étaient les plus proches des dieux préféraient raisonner
plutôt que de frapper. Et aujourd’hui, quand nous disposons de tant de livres
et que chaque livre offre tant d’idées toutes faites, qui donc voudrait
chercher, questionner à ses risques et périls ? D’autant plus que personne
ne croit l’Écriture. Tout le monde en est convaincu : si fort que l’on
frappe, rien ne s’ouvrira et d’ailleurs qui nous ouvrirait, puisqu’il n’y a
personne ?
Léon Chestov : Sur la balance de Job

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