Ses films pullulent ainsi de pièces
envahies de meubles, de bibliothèques, de vieux livres et de rites oubliés. À
l’image de ses personnages hantés par un souvenir qu’ils ne parviennent pas à
décrypter, tous ses films tentent autant de sédimenter une culture accumulée
qu’ils témoignent d’une incapacité à faire table rase d’une mémoire
encombrante. Kazanian, l’antiquaire d’Inferno, ne dit rien d’autre
lorsqu’il déclare : « Le seul vrai mystère, c’est que nos vies sont
gouvernées par les morts. » Un aphorisme repris quatre ans plus tard par
Jennifer Connelly (Phenomena) lorsque, sommée d’expliquer à l’un de ses
professeurs un poème d’Abraham Cowley, elle déclare : « Le poète,
dans son style prophétique, nous prévient du danger qu’il y a à oublier le sens
du passé. »
Jean-Baptiste Thoret : Dario Argento, magicien de la peur

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