Que n’a-t-il bien plutôt écrit clair
et direct, efficace et pratique, depuis le temps qu’il noircit du papier !
Que n’a-t-il eu la modestie de composer des livres moins byzantins et
monstrueux, moins épais et boursouflés, moins polémiques et agressifs !
Que n’a-t-il laissé tombé la rédaction des milliers de pages de ses Carnets
dans lesquels il perd son temps à ne pas travailler à des livres concis. Ces
dix ans qui lui manquent se sont évaporés dans des travaux bouffis dans
lesquels on cherche la perle rare. Demandez le programme à cet homme qui écrit
depuis huit années ! Il a publié des milliers de pages depuis Qu’est-ce
que la propriété ? Mais rien qui soit utile aux insurgés en quête de
sens à donner à leur colère, juchés sur leurs barricades. Drôle de conclusion
pour un révolutionnaire qui veut changer la vie de son pays, de l’Europe et du
monde ! Proudhon souffre de procrastination, mais il en veut au monde
entier de n’avoir pas rédigé un programme court et utile pour effectuer la
révolution selon son goût.
Michel Onfray : L’anarchie positive : du bon usage de Prouhdon

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