Le Mal absolu doit être
« mauvais » dans son être également. Le Mal voulant le mal et
uniquement le mal ne saurait se réaliser « bien », c’est-à-dire
pleinement. L’homme « mauvais » commet un acte mauvais, tuer son
voisin, par exemple, mais pour lui, ce mal est un bien ; il ne le commet
pas du tout parce que c’est mal mais parce que, pour lui, c’est bien, ça
l’arrange bien… et il veut le faire « bien », non pas mal. C’est un
homme comme tout le monde, il cherche le bien ; la seule différence c’est
que ce « bien », il le voit uniquement dans le crime… Mais Satan, il
veut l’être « mal. » L’enfer est chose mal réalisée. Il est vicié
dans son être même. Il est de pacotille.
Witold Gombrowicz : Journal II

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