Le vendredi 8 janvier 1847, Proudhon
est reçu dans la loge Sincérité, Parfaite Union et Constante Amitié, Orient de
Besançon. On s’en serait douté : il sème la zizanie chez les frères
trois-points. On lui pose les questions rituellement proposées aux
néophytes : « Que doit l’homme à ses semblables ? »,
« Que doit-il à son pays ? », « Que doit-il à
Dieu ? » À cette dernière demande, il répond : la Guerre !
Dans une loge déiste, où l’on génuflexionne devant le Grand Architecte de
l’univers, c’est l’équivalent de la profanation du Saint-Sacrement dans une
église. Affirmer : guerre à Dieu, c’est affirmer : « Guerre à la
maçonnerie et aux maçons »
Sommé de s’expliquer, il fait un topo
pour montrer que son antithéisme n’a rien à voir avec l’athéisme. Ses nouveaux
coreligionnaires n’ont pas compris grand-chose à son laïus, mais dans le goute,
ils passent l’éponge. Bien sûr, comme toujours, c’est Proudhon l’offensé !
On pense qu’il ne remit jamais les pieds dans une loge sauf une fois en
Belgique, à Namur. Proudhon charge la maçonnerie qu’il avait pourtant
personnellement sollicitée, en estimant, pour le dire vite, qu’il faudrait une
réforme à cette vénérable institution et que la meilleure… s’inspirerait de ses
idées.
Michel Onfray : L’anarchie positive : du bon usage de Prouhdon

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