La drôlerie de Léon Bloy ! Il note un jour dans
son journal qu’il a été réveillé le matin par un cri terrible qui semblait
venir de l’au-delà. Persuadé que c’était le cri d’une âme damnée, il s’est
agenouillé et s’est mis à prier avec ferveur. Le lendemain, il écrit :
« Ah, je connais l’identité de cette âme. La presse annonce qu’hier est
mort Alfred Jarry, exactement à l’heure et à la minute où j’ai entendu ce
cri. » Quoi de plus différent de la drôlerie d’Alfred Jarry ! Pour se
venger du bon Dieu, il demanda un cure-dents comme dernière volonté.
Witold Gombrowicz : Journal II

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