Sologoub ne se plaint pas, ne pleure pas. Il n’a pas le
don des larmes. Ses yeux enflammés sont secs : aucune humidité ne les
voile. Il ne peut plus se plaindre : à qui ? Il hurle sans raison.
Ceci pour ses vers et dans sa prose, c’est encore pire. Son Démon de moindre
envergure a reçu un accueil inattendu : il est pire qu’un cri de bête.
Tout au long de ce fort roman, le professeur Peredonov se livre à une suite
ininterrompue d’actes si répugnants et si stupides que même le lecteur
contemporain, habitué aux manifestations les plus excessives, a la tête qui
tourne. « La vie se consume, jetant des flammes, s’amenuisant en une
légère fumée. Nous brûlons la vie pour créer un livre. » Voilà la source
de l’œuvre de Sologoub. « Il me faut vivre lentement une vie absurde,
fastidieuse, ne pas me plaindre du destin et prédire ce qui reste caché. »

Commentaires
Enregistrer un commentaire