C’est comme un trou dans ma vie, un trou de quinze ans.
C’est cela qui me semble intéressant dans les vies, les trous qu’elles
comportent, les lacunes parfois dramatiques, mais parfois même pas. Des
catalepsies, des espèces de somnambulisme sur plusieurs années ; la
plupart des vies en comportent. C’est peut-être dans ces trous que se fait le
mouvement. Car la question est bien comment faire le mouvement, comment percer
le mur, pour cesser de se cogner la tête. C’est peut-être en ne bougeant pas
trop, en ne parlant pas trop, éviter les faux mouvements, résider là où il n’y
a plus de mémoire.
Gilles Deleuze : Pourparlers

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