Il tombait comme une comète à travers d’immenses
espaces, au-delà du système solaire. Plus vite qu’une comète, plus vite que la
lumière elle-même, il fonçait en avant avec une telle rapidité que les étoiles
puis les galaxies défilaient devant lui comme de simples mouches et
s’éteignaient après son passage. Il franchissait des distances astronomiques,
et une curieuse distorsion se produisait : l’espace paraissait s’incurver
d’une manière abstraite et les millions et millions d’années-lumière qu’il
avait parcourues s’évanouir. Puis, soudain, les galaxies et les nébuleuses
furent derrière lui. Tout l’univers avait disparu. Il n’avait plus d’existence
et dérivait dans des régions au-delà de la spéculation, hors du concept,
au-dessus de la théorie. Après le chaos informe, son moi rêvant trouva le repos
sur quelque substance matérielle et il se sentit observé par quelque microscope
géant, simple molécule dans un cosmos à six dimensions.
Donald Wandrei : Cimetière de l’effroi

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