Un des reproches adressés à Deleuze, une des raisons
essentielles pour lesquelles il n’est pas pris au sérieux, c’est qu’il franchit
les limites avec trop de légèreté et d’humour. C’est qu’on devient sérieux
quand il s’agit des limites. C’est même ce qui permet de mesurer le sens de
l’humour de quelqu’un : devient-il sérieux quand on s’approche des limites
à ne pas franchir, des limites qu’on a investies pour son propre compte, pour
lesquelles il a tant sacrifiés ? Fini de rire. Ou bien a-t-il abandonné le
sérieux, la gravité, le sens des responsabilités qui se confond avec le sens
des limites, pour devenir léger, joyeux, irresponsable ?
David Lapoujade : Deleuze et les mouvements aberrants

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