« Mais la vie était pire »

 

Il aurait voulu endiguer ce flot qu’il sentait monter, cette hémorragie mémorielle, ce « mal des vieux », comme il avait coutume de  l’appeler, mais la logorrhée du passé finissait toujours par emplir son esprit, alors, il s’abandonnait, se laissant bercer. Le temps coulait, fleuve invisible, charriant dans ses remous une multitude de débris dont il devait chaque fois s’inspirer pour reconstituer le puzzle de sa vie.

Serge Brussolo : Ira Melanox

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