« Le secret du passage à la ligne, c’est l’appui extérieur »

 

« Nous voilà bien, avec toujours la même incapacité à franchir la ligne, à passer de l’autre côté. Toujours le même choix du côté du pouvoir, de ce qu’il dit ou fait dire. » Et sans doute il se répond que « le point le plus intense des vies, celui où se concentre leur énergie, est bien là où elles se heurtent au pouvoir, se débattent avec lui, tentent d’utiliser ses forces ou d’échapper à ses pièges. » Il pourrait également rappeler que, selon lui, les centres diffus de pouvoir n’existent pas sans points de résistance en quelque sorte premiers ; et que le pouvoir ne prend pas pour objectif la vie, sans révéler, sans susciter une vie qui résiste au pouvoir ; et enfin, que la force du dehors ne cesse de bouleverser et de renverser les diagrammes… Si le pouvoir est constitutif de la vérité, comment concevoir « un pouvoir de la vérité » qui ne serait plus vérité de pouvoir, une vérité qui découlerait des lignes transversales de résistance et non plus des lignes intégrales de pouvoir. Comment franchir la ligne ?

Gilles Deleuze : Foucault

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