« Il y a une hiérarchie qui mesure les êtres
d’après leur degré de proximité ou d’éloignement par rapport à un
principe. Mais il y a aussi une hiérarchie qui considère les choses et les
êtres du point de vue de la puissance. » (Différence et répétition)
Il s’agit de déterminer si un être dépasse ses limites, mais cette fois
« en allant jusqu’au bout de ce qu’il peut, quel qu’en soit le
degré. » C’est la marque même des mouvements aberrants : sauter comme
un démon au-delà des limites que le jugement assigne aux êtres. Ce saut, à vrai
dire, ce n’est pas nous qui le faisons, ce sont les mouvements aberrants du
sans-fond qui nous y forcent. L’aberrant est l’expression de la puissance ou
l’exposant que cette puissance, elle-même inséparable de la « nouvelle
terre » puisqu’elle en procède ; c’est par elle qu’un être
s’individue et que le plus petit égale le plus grand s’il va, comme lui,
jusqu’au bout de ce qu’il peut.
David Lapoujade : Deleuze et les mouvements aberrants

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