Docteur Boxho, je présume ?

 

Le drame des autochtones du film de Tobe Hooper s’articule à la difficulté de brûler un trop-plein d’énergie (autrement dit de violence) Autrefois, c’était facile, il y avait les abattoirs et des centaines de bêtes à tuer, mais aujourd’hui, sans travail, dépourvus de bovins à occire, cloîtrés dans un espace tombeau, répétant depuis des lustres les mêmes gestes, Leatherface et sa famille consument cette énergie comme ils peuvent. Ils profanent des tombes, tuent des animaux, photographient des quartiers de viandes, fabriquent des objets macabres, agitent dans le vide des machines devenues inutiles. Le désir énergétique est là, toujours vivace, mais le combustible manque. Le surplus d’énergie ne se contente pas de rendre les hommes fous, il se répand également dans l’espace, il le déborde, le gangrène et l’écrase. La nature sauvage et pure d’antan croule désormais sous un ciel caniculaire, un soleil écrasant qui brûle, mais pour son compte seulement, les visages et les terres. L’asphyxie est proche, jusqu’à ce qu’une bande de vacanciers échouent sur leur territoire. La dégradation de l’énergie va  pouvoir s’accélérer.

Jean-Baptiste Thoret : Une expérience américaine du chaos

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