Alors que la mémoire fait cercle avec le vécu, l’avenir
rompt avec tout vécu, avec tout passé personnel ou collectif, et témoigne ainsi
d’un nouveau transcendantal. L’avenir devient réserve d’événements, non pas au
sens de projet, mais au contraire aux sens où l’on dit que l’on ne sait pas ce
que réserve l’avenir, engageant déjà la pensée vers une pensée monde qui déborde
les régularités du cosmos. S’il s’agit encore d’une mémoire, elle n’a plus rien
de personnel et devient la mémoire impersonnelle d’une mémoire monde ou d’une
mémoire cosmos, telle que Deleuze la rencontre déjà chez Bergson : la
pensée pure, comme anti-mémoire, mémoire de l’avenir ou mémoire monde.
David Lapoujade : Deleuze et les mouvements aberrants

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