Qui es-tu,
voyageur ? Je te vois aller ton chemin, sans sarcasme, sans amour, l’œil
indevinable ; trempé e triste comme une sonde revenue inassouvie de toute
profondeur pour trouver la lumière. Que cherchait-elle en dessous ? La
poitrine sans soupir, la lèvre cachant son dégoût, la main ne saisissant plus
désormais qu’avec lenteur : qui es-tu ? Que fis-tu ? Repose-toi
donc ici : cet endroit est hospitalier pour tout le monde.
Récupérer ? Qu’est-ce qui t’aidera à récupérer ? Nomme-le : ce
que j’ai, je te l’offre. À récupérer ? À récupérer ? Oh, curieux, que
dis-tu là ! Mais je t’en prie, donne-moi… Quoi ? Quoi ? Dis-moi
quoi ! Un masque de plus ! Un second masque !
Friedrich Nietzsche : Par-delà bien et mal

Commentaires
Enregistrer un commentaire