« Nous sommes les enfants de Cockerill »

 

On nous a toujours trafiqués, vendus comme des porcs, comme des chiens, à quelque pouvoir hostile pour les besoins d’une politique absolument étrangère, toujours désastreuse. Nos maîtres ont toujours été, à part très rares exceptions, à la merci des étrangers…  Notre peau ? C’est jamais la leur qu’on crible ! Ça leur paraît monstrueux des préoccupations pareilles pour des écartelés prochains ! Des véritables insultes que toutes ces rages d’explications, ces scrupules, ces analyses, ces farfouillages plus que douteux dans les dessous patriotiques ! Ils se formalisent, ils nous traitent d’obscène. Dans le bastringue aux pires tapins, dans les plus ramoneux bordels, y a des questions qu’on ne pose jamais, des mots qu’on peut pas se permettre.

Louis-Ferdinand Céline

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