La fêlure

 

Il est bien que beaucoup procréent, il est bien que l’un procrée, mais il est bien aussi qu’un autre ne procrée pas, c’est son malheur individuel comme s’il était rayé des comptes de l’humanité, mais en général, pour l’humanité elle-même, c’est bien. Tout est bien, car il n’y a aucun danger que quelqu’un se sente offensé, les exemples dans notre génération soi-disant épuisée montrent à quelle hauteur se soulève parfois la vague. On n’a pas besoin des statistiques, on n’a besoin de rien ; on n’a pas de souci à se faire. Il suffit de veiller attentivement, et c’est le devoir qui incombe aux vais prêtres, animés de la vraie foi, à ce que pas la moindre fêlure, ne vienne à l’encontre de la vague pure de cette envie, de ce oui, de sorte que personne ne se contraigne soi-même, ni ne contraigne l’autre en quoi que ce soi.

Vassili Rozanov

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