L’unité divine, qui reste l’obsession des cabalistes,
est la résultante de processus complexes de syzygies et d’enfantements, car le
terme ultime, le plus haut placé, n’est pas l’Un, mais l’Infini. L’unité divine
dépend de la façon dont cet Infini circule à travers les syzygies qui
permettent son passage. La place des configurations « Père et Mère »
est à cet égard tout à fait déterminante. Comme l’indique le même auteur,
reprenant sur ce point l’enseignement d’Isaac Louria, avant l’achèvement du
processus quasi historique de la mise en ordre parfaite des configurations,
achèvement qui ne surviendra qu’à la venue du Messie, Mâle et Femelle, le
Fils et la Fille de la cabale zoharique, ne peuvent s’unir qu’en remontant
auprès de Père et Mère, en qui se trouve la « chambre nuptiale »,
c’est dans leur giron qu’ils s’unissent pour échapper à l’emprise des
puissances démoniaques, les « Coquilles », qui pourraient les
atteindre et profiter de leurs influx au moment de l’union syzygique. Cette
union, en effet, implique un temps de fragilité et de vulnérabilité : la
position en face à face, seule capable de permettre l’accouplement expose leur
dos sans aucune protection, l’avidité
des Coquilles malfaisantes. Pour s’unir, Mâle et Femelle doivent donc trouver
protection au sein de Père et Mère, où ils pourront se retourner l’un vers l’autre
et exposer leurs arrières sans danger, car en leurs Parents supérieurs, les
Coquilles n’ont pas de prise.
Charles Mopsik : Chemins de la cabale

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