Encore !

 

Je dois dire qu’en réalité je n’ai rien contre la passion pour le football. Au contraire, je l’approuve et je l’estime providentielle. Ces foules de fanatiques terrassés par l’infarctus sur les gradins, ces arbitres qui paient un dimanche de célébrité en exposant leur personne à des injures, ces spectateurs ensanglantés qui descendent de leur car, blessés par les vitres cassées à coups de pierre, ces jeunes gens en fête qui envahissent les rues sortant leur drapeau de la fenêtre de leur Fiat 500 surchargée et qui vont s’écraser contre un pylône, ces familles ruinées par l’achat de places au noir, ces enthousiastes aveuglés par l’explosion d’un pétard me remplissent le cœur de joie.

Umberto Eco : La Guerre du faux

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