« Je n’accepte pas qu’on me tolère »

 

Coup sur coup, de 1939 à 1945, Sachs frappe ses meilleurs textes, du Sabbat à Derrière cinq barreaux. L’hyperbole n’a cessé de marquer de son trop-plein sa ligne de conduite : dettes énormes, infamies croisées, trahisons insignes. L’existence de Sachs est superlative, elle se nourrit de surenchères : il n’est pas collaborateur, il est gestapiste ; il n’est pas converti, mais convertible ; il ne dépense pas, il se ruine ; s’il écrit, c’est sans relâche ou pas du tout ; il n’est pas homo, mais bisexuel ; il ne vole pas, il pille ; il n’est pas mondain, il connaît tout le monde. Sachs va toujours trop loin. Au tempo modéré de ses écrits, il préfère la course à perte.

Thomas Clerc : Maurice Sachs, le désoeuvré

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